Le Sénat US rejette le plan de sauvetage automobile

Faut-il sauver le secteur automobile américain ?

 

Cette semaine a été riche en évènements concernant le secteur automobile américain.

General Motors et Ford, les deux grands groupes de ce secteur, étaient les protagonistes de l’actualité boursière. En effet, il se murmurait depuis quelques semaines déjà que le plan de sauvetage de l’automobile devait être voté cette semaine au Sénat.

Ce plan, d’un montant de 14 milliards de dollars, si attendu par les membres du Big Three ( General Motors, Ford et Chryler) et par les investisseurs a été rejeté par les sénateurs américains dans la nuit de jeudi à vendredi. Le résultat ne se fit pas attendre, le Nikkei, en apprenant la nouvelle, clôtura en baisse de plus de 5%. Notre indice parisien prenait le même chemin en abandonnant plus de 5% aussi à mi séance jusqu’à l’intervention de la Maison Blanche elle-même qui annonça qu’elle envisageait d’utiliser une partie du plan Paulson pour sauver ce secteur ! Ceci eut pour effet de limiter les dégâts : le CAC termina en baisse de 2,8%. Le Dow Jones quand à lui repartit même à la hausse en clôturant la semaine avec un léger gain de 0,75%.

Les Etats Unis veulent ils laisser mourir le secteur automobile, générant un peu plus de 10% des emplois (3 millions d’emplois) outre Atlantique ? Les sénateurs ont-ils eu raison de rejeter le plan de sauvetage de ce secteur ?

 

Bien entendu, et vous devez vous en doutez, les dirigeants américains ne laisseront jamais les membres du Big Three faire définitivement faillite. J’emplois le terme « définitivement » car les lois financières sont différentes de l’autre côté de l’Atlantique. En effet, les sociétés en difficultés ont la possibilité de se mettre sous la protection du chapitre 11, ce qui a pour effet de leur permettre de continuer leurs activités tout en repoussant les échéances de paiements de ses créanciers. La seule contrepartie est que lesdites sociétés sont obligées d’informer régulièrement le juge des faillites du déroulement des remboursements.

Donc, si rien ne change, GM et Chryler ont dors et déjà annoncé qu’elles pourraient faire appel à ce chapitre 11 avant la fin de l’année, de quoi mettre tout de même une sacrée pressions aux décideurs.

Première conséquence, après le rejet du Sénat et avant cette annonce surement salvatrice, GM avait déclaré mettre au chômage technique 20 usines au premier trimestre 2009 et réduire ainsi sa production de 250 000 voitures.

Alors on peut se demander pourquoi les sénateurs n’ont pas pu trouver un accord ?

Un noyau dur de sénateurs républicains refuse d’utiliser les fonds publics afin de sauver les 3 sociétés. Ils estiment que ce plan de sauvetage n’exige pas assez de réformes ni de surveillances des constructeurs.

De plus, ils demandent une baisse de salaires en ce qui concernent les travailleurs des membres du Big Three. En effet, ceux-ci, pour la même tâche, gagnent beaucoup plus que les salariés des entreprises des concurrents étrangers. De ce fait, à titre d’exemple, une heure de travail chez General Motors coûte 71$, et 41$ pour une entreprise de la même industrie…

Les sénateurs n’ont pu se mettre d’accord sur une date d’application, les républicains souhaitant qu’elle débute tout de suite.

Les prochains jours vont être très intéressant quand au suivi de ce dossier. Quoiqu’il en soit, on devrait y voir plus clair en début de semaine.

Maintenant, si on va plus loin dans le débat, d’autres questions peuvent se poser. Une simple enveloppe, aussi importante soit elle, peut elle changer la donne actuelle ?

Injecter des milliards de dollars sans réformer ce secteur américain et donc ne rien changer n’est effectivement pas la bonne solution. De plus, cela ne donnerait à ces 3 sociétés qu’une bouffée d’oxygène mais n’améliorerait pas forcément leurs carnets de commandes. Depuis des années, et cela vaut aussi pour nos constructeurs français, il est demandé par de nombreux économistes et politiques de créer des voitures non polluantes (on y vient mais doucement)  voir même développer très sérieusement la commercialisation et l’amélioration des voitures électriques. Le secteur automobile n’a malheureusement pas suivi tous ces conseils, qui auraient permis de redynamiser l’industrie automobile. Quelque part, le monde pêche encore par un manque d’investissement, qui plus est écologique.

Alors, même s’il est clair que le gouvernement américain ne peut se permettre d’avoir dans l’industrie automobile un second cas de « Lehmann Brothers », il est tout à fait aussi clair que le monde doit profiter de cette crise sans précédent pour réformer et essayer de repartir plus sereinement.

 

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Dernière mise à jour de cette page le 13/12/2008

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