Le plan de relance du président

Le plan du président

 

Tous les français l’attendaient avec impatience. On nous annonçait un plan de relance sans précédent, à l’image des Etats-Unis. Alors, au lendemain de l’annonce de Nicolas Sarkozy, faut-il être rassuré ou au contraire déçu ?

 

Quoiqu’il fasse, notre cher président aura toujours des détracteurs et l’annonce de son plan de relance économique ne déroge pas à cette règle.

Pourtant, force est de constater que l’intention y est, la forme aussi, mais qu’en est il du fonds ?

 

L’économie mondiale connait sa plus forte perturbation depuis l’avant guerre. Pour y faire face, Nicolas Sarkozy a annoncé un plan de relance de 26 milliards d’Euro, destiné à enrayer cette crise. Cette nouvelle enveloppe sera financée en partie par un accroissement du déficit budgétaire qui frôlera les 3,9 % du PIB l’année prochaine. Après la création d’un fonds souverain, on assiste donc au second volet d’une tentative d’enrayement de ce qui s’annonce comme « the » crise du nouveau millénaire.

Comme on pouvait s’y attendre, le secteur de l’automobile et du bâtiment sont donc privilégiés.

 

Pour le premier secteur, une prime à la casse de 1000€ pour les véhicules de 10 ans et plus, avec promesse d’achat d’un véhicule neuf non polluant, c'est-à-dire ne dépassant pas les 160 g de CO2.

La question est de savoir si cela va relancer les achats dans l’automobile. Personnellement, je ne le pense pas. En effet, je pense que si une personne possède une « vielle » voiture, c’est qu’elle n’a pas les moyens d’en acheter une autre. Et ce n’est pas cette prime de 1000€ qui va la décider à prendre un crédit pour en changer, surtout en ces temps obscurs. D’ailleurs, Renault n’a pas été convaincu non plus, indiquant dans un communiqué qu’il élargissait cette prime aux voitures de 8 ans et plus. De plus, le montant sera doublé si le taux de co2 de la voiture se situe en dessous de 100g et je crois aussi que la prime fonctionnerait aussi avec des voitures d’occasions récentes.

En conclusion, je pense que cette aide ne sera très certainement pas suffisante pour relancer le secteur automobile. Les critiques concernant ce plan automobile se situent aussi au niveau de la préférence nationale. En effet, pourquoi ne pas faire profiter exclusivement les personnes qui achèteront chez les constructeurs français ?

Pourquoi faire profiter les constructeurs allemands, japonais, etc. Si on y réfléchit un peu plus, c’est un peu plus complexe que ça. D’une part parce qu’il ne faut pas oublier que ces constructeurs étrangers font aussi travailler beaucoup de salariés français. D’autre part parce que cela pourrait créer quelques tensions internationales et que si tous les états appliquent des mesures sur la préférence nationale, il n’est pas certain du tout que nous en soyons les grands gagnants.

 

Ensuite, notre cher président a annoncé des énormes chantiers comme par exemple la construction en parallèle de quatre lignes TGV, mais aussi la construction de 70 000 logements, dont 30 000 seront sociaux grâce aux aides aux collectivités locales et entreprises publiques.

De plus, le doublement de la prime à taux zéro pour tout achat d’un logement neuf sera appliqué.

Ces mesures, qui étaient d’ailleurs prévues mais en attentes, sont plutôt de bonnes nouvelles et peuvent permettre de soutenir la construction. Mais elles devront intervenir rapidement, très rapidement même car le secteur commence déjà à ressentir les méfaits de la récession.

 

Le remboursement anticipé du crédit d’impôts recherche, impôts sur les sociétés sera appliqué afin d’améliorer également la trésorerie des sociétés.

Le problème, c’est que ces dernières dispositions, même si elles vont permettre d’apporter un ballon d’oxygène à nos entreprises, ne vont pas améliorer leurs carnets de commandes…

 

Pour finir sur les grandes mesures annoncées hier, 200 euros seront alloués aux personnes bénéficiant du RSA.

Bon, pour eux, c’est toujours ça de pris comme on dit. Cela n’est certainement pas suffisant, c’est certain mais c’est un début.

 

La majeure partie de l’opposition critique les mesures prises par le président en arguant le fait que rien n’est fiat pour le pouvoir d’achat des français. Le mot d’ordre est, qu’encore une fois, on privilégie le patronat. L’Elysée rétorque en gros 3 mots : Investissement = Emplois = Revenus. Ce qui n’est pas faux.

De plus, si vous aviez 200€ de plus, là, tout de suite, les utiliseriez-vous dans un achat ou alors préféreriez vous les épargner ? Pour ma part, étant donné la conjoncture actuelle, je prendrais la seconde solution.

 

Ce plan de 26 milliards d’euros, qui représente tout de même 1.3 du PIB est donc certes ambitieux, mais, pourtant, de nombreux économistes pensent que Nicolas Sarkozy a été trop prudent, et qu’il faudra encore une fois remettre la main à la poche dans quelques mois pour injecter de nouvelles liquidités dans ce projet de reconquête de la croissance.

Pour finir et parce qu’il est bon de le rappeler, on peut regretter, encore une fois, cet énorme cadeaux fait par notre président à certains : le paquet fiscal, représentant entre 15 et 20 milliards d’euros ! A l’heure d’aujourd’hui, on n’en aurait plus que besoin….

 

 

 

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Dernière mise à jour de cette page le 05/12/2008

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